Après des études d’économie et d’urbanisme j’ai surtout travaillé dans ce domaine en Région Ile de France. Aujourd’hui j’ai 68 ans et comme une bonne retraitée, avec du temps pour lire, j’ai cherché à la médiathèque d’Entre Deux Guiers  un livre sur notre héros local, notre bien aimé Mandrin.  En lisant le livre de Corinne Townley « la véritable histoire de Mandrin »  je suis allée de surprise en surprise.

D’abord toutes les archives le concernant ont pratiquement disparu, soit volontairement brûlées à Turin en 1860 soit détruites par les bombes en mai 1871 à Paris.

Puis j’ai découvert une industrie florissante : celle de la contrebande entre Genève, la Savoie partie du Royaume d’Italie et le Dauphiné du royaume de France. Cette industrie intéressait de nombreux habitants de notre territoire : loin de n’être que 20 ou 30 comme le dit la chanson, ils étaient quelques 200 à en croire les fiches de police du Sénat de Chambéry qui les décrivaient.

Autre surprise : chaque homme avait un surnom ; celui de Mandrin était Belle Humeur. Un même homme pouvait avoir plusieurs surnoms et un même surnom être attribué à plusieurs hommes. On voit qu’il est difficile de croire à la véracité des témoignages allégués contre tel ou tel des contrebandiers d’autant que pour activer les délations on enquêtait par « la  question » c’est-à-dire la torture. On n’hésitait pas non plus à acheter les témoignages à charge !

Encore une surprise : le frère de Claude Mandrin  est chargé de bien plus de crimes atroces  que son frère aîné le célèbre Louis (le fait de traverser le Guiers, frontière perméable entre la Savoie et le Dauphiné,  avec des kilos de sel vous conduisait déjà aux galères à vie !)

Nouvelle surprise et de taille : Claude Mandrin a bénéficié d’un sauf conduit qui lui a été attribué deux ans après la mort supposée de Louis. Qui pouvait avoir intérêt à libérer un contrebandier emprisonné et à lui garantir la vie sauve sur son trajet jusqu’en Valais ? Qui si ce n’est son propre frère faussement déclaré mort deux ans plus tôt ?

A partir de cette information qui semble la seule véridique puisqu’émanant directement des services de police alors que toutes les autres sont dues à des témoignages souvent peu crédibles, j’ai cherché à comprendre le mystère. J’ai lu toutes les biographies que j’ai pu trouver sur Louis Mandrin. Et ce que j’ai découvert m’a laissée encore plus surprise : tous les biographes décrivent la mort de Mandrin comme celle d’un homme très courageux, ne disant mot, malgré les coups violents reçus pour fracturer ses bras, ses jambes et son bassin. Comment est ce possible ?

J’ai trouvé une solution qui parait correspondre à une réalité à travers un certain nombre d’indices historiques qu’il est trop long de détailler dans ce paragraphe. J’ai  donc écrit une pièce de théâtre pour que ce mystère de la fausse mort de Mandrin soit explicité et qu’on rendre à Mandrin toute la gloire qui lui est due, sans le faire périr sur l’échafaud de l’infamie, comme un vulgaire voleur.

Un tableau explicite clairement la fuite de Mandrin, rendue  possible malgré les milliers d’yeux qui le regardaient. Passé sous l’échafaud, il troque sa pancarte annonçant « Chef des Contrebandiers »  contre une robe de moine et s’enfuit discrètement tandis que son confesseur et complice, le père Gasparini,  fait endosser la fameuse pancarte à un muet de même corpulence et vêtu comme lui et qui avait commis une série de meurtres. C’est ce muet que  Gasparini accompagne sur l’échafaud pour y être roué vif !

Une fois le texte « MANDRIN SECRET » écrit,   encore fallait-il trouver des soutiens financiers : la Région Auvergne Rhône Alpes, le département de l’Isère et le Parc Régional de Chartreuse nous ont été d’un grand secours (surtout la Région car les deux autres organismes ont reporté à 2021 leur aide puisque le Covid n’a pas permis des représentations en été 2020 comme prévu).

Je viens d’apprendre que Robin des bois, le célèbre héros anglais, avait bénéficié 300 ans après sa mort d’une « légère » modification de son histoire : on l’a fait naître un siècle plus tôt pour qu’il devienne le soutien actif du roi Richard Cœur de Lion et qu’il se batte contre son frère Jean sans Terre.

En  France on peut aussi près de 300 ans après la naissance de  Louis Mandrin, faire en sorte qu’il soit regardé non seulement comme l’ennemi des fermiers Généraux accapareurs et affameurs, mais surtout comme le soutien actif  du roi Louis XV à qui il a rendu un inestimable service. 

Service si grand et si essentiel qu’il fallait que Louis Mandrin s’enfuît et devint discrètement et à vie un des agents secrets  de Louis XV.

Pour en savoir plus rendez vous aux représentations de MANDRIN SECRET en juillet 2021 !

Par ailleurs j’ai rencontré de nombreux admirateurs de Louis  Mandrin, certains sont même descendants des Compagnons de Mandrin : souvent entrepreneurs comme leurs ancêtres encore peu connus.

Ce site est fait pour eux, pour  qu’ils puissent se rallier à la bannière de Mandrin Belle Humeur : ce sera la volonté affirmée de l’optimisme qui caractérise toujours les entrepreneurs et tous ceux qui, par leurs actions économiques, culturelles, ou artistiques, œuvrent au développement de notre beau pays.