Dessin de Cyril Kazis

Qui est Mandrin ?

Mandrin Belle Humeur est un authen­tique per­sonnage his­to­rique. Un col­lectif d’artistes, séduits par ce véri­table surnom de Belle Humeur a eu envie de par­ti­ciper à sa légende nou­velle. A cet effet, ils ont créé une asso­ciation qui porte ce même nom et qui est la structure juri­dique néces­saire au portage des dif­fé­rents projets.

En premier lieu, nous pré­sentons notre spec­tacle, Mandrin Secret, en juillet 2021.

Pendant 2 heures environ, le public, tou­ristes, curieux, ama­teurs d’histoire ou familles avec enfants, pourra se détendre et se dis­traire lors des repré­sen­ta­tions du spec­tacle en plein air au cœur de la Chartreuse.

Aux sources du Guiers Vif, entouré d’un panorama gran­diose, dans les ruines du château de Montbel, le théâtre de comédie en cos­tumes ravira le public. C’est ainsi que des caval­cades, cas­cades, combats de cape et d’épée dévoi­leront l’intrigue de la mort pré­sumée de Mandrin sous la torture, à Valence.

En fait, on com­prendra très vite que Mandrin a retrouvé la liberté pour accomplir une mission spé­ciale et secrète pour le roi Louis XV.
Mandrin, héros, y figure comme défenseur de l’honneur de la France. 

C’est l’idée maî­tresse de ce spec­tacle dis­trayant, pas­sionnant, intel­ligent, régional, qui fondera, au final, la nou­velle légende de Mandrin, agent secret. Bref, Belle Humeur se révèlera être le pré­curseur de James Bond au 18ème siècle.

Pendant l’en­tracte du spec­tacle, le public se régalera avec pique-nique des tar­tines de Tante Hortense ou de Dame Pernette. Cependant, dans ce magni­fique paysage d’une nature accueillante, les paysans cos­tumés feront la fête avec le public dans le respect, tou­tefois, des gestes bar­rières et écologiques. 

Le per­sonnage his­to­rique

Les habi­tants de la région Auvergne Rhône Alpes qui veulent faire connaître Mandrin le décrivent comme l’i­mi­tateur français de Robin des Bois. Cependant, les bio­gra­phies mal­veillantes le dépeignent comme un bandit de grand chemin, le couteau entre les dents, les pis­tolets à la ceinture.

Mandrin avait comme pseu­donyme Belle Humeur. C’était son véri­table surnom, attribué par ses com­pa­gnons, car Mandrin était un homme enjoué, valeureux, et généreux.

Ses com­pa­gnons contre­ban­diers l’avaient tout de suite compris et grâce à leur intel­li­gence de cœur, ils lui avaient attribué ce « nom de guerre » parce qu’il mettait en valeur sa prin­cipale qualité : Mandrin gardait sa bonne humeur quelques soient les aléas de sa vie et des cam­pagnes qu’il organisait.

Cette gaieté com­mu­ni­cative, il la par­ta­geait faci­lement avec toute sa troupe.

-Quoi de plus pré­cieux en ces temps dif­fi­ciles que d’avoir un chef familier qui démontre une belle humeur en toutes circonstances ?

-Quoi de plus beau aujourd’hui que de reva­lo­riser Mandrin, ce héros familier, dans sa prin­cipale qualité : sa belle humeur dont notre époque a bien besoin ?

L’histoire de Mandrin n’est pas par­fai­tement connue, tous les docu­ments d’archives qui le concer­naient ayant brûlé soit volon­tai­rement en 1860, soit par accident, en 1871.

Louis Mandrin est né en février 1725, à St Etienne de St Geoirs, 10 ans après le roi Louis XV et 4 ans après la mar­quise de Pompadour qui jouèrent, comme on le verra par la suite, un rôle important dans sa vie.

A 17 ans, à la mort de son père com­merçant, maquignon, il devient chef d’ une famille de 8 frères et sœurs. Il entre­prend alors, pour les mettre à l’abri du besoin, un voyage de ravi­taillement pour l’armée fran­çaise jusqu’en Italie.

La Ferme Générale, ins­ti­tution de col­lecte de tous les impôts, banque, et monopole de vente de tabac, lui avait passé com­mande de ce voyage. Il devait pourvoir l’armée fran­çaise en chaus­sures et ravi­taillement. Quand Mandrin arrive, la paix va être signée, les mili­taires sont retournés chez eux. Sa mar­chandise ne trouve plus pre­neurs sur place et à son retour en France, comble d’infortune, la Ferme Générale refuse de le payer.

La haine de Mandrin pour cette ins­ti­tution et tous ceux qui la repré­sentent date de là. Mandrin aura d’autres raisons d’avoir une rancœur crois­sante pour la Ferme Générale qui était évi­demment détestée par tous les français.

Après diverses aven­tures, il croise le chemin d’un célèbre contre­bandier, Bélissard, qui lui confie les règles du métier et la direction de sa propre bande.

Grâce à la belle humeur de Mandrin la petite troupe se trouve bien vite aug­mentée : près de 200 hommes viennent s’en­gager auprès de lui et pour lui. Leur groupe est organisé comme un régiment mili­taire. Ils vont che­vaucher lors de leurs six cam­pagnes, depuis Genève où ils s’ap­pro­vi­sionnent, jus­qu’en Rhône Alpes, Auvergne, Franche Comté et Bourgogne.

Finalement, Mandrin est réputé avoir amassé un trésor qu’on n’a jamais retrouvé. Mais ses exploits sont connus de la cour du roi Louis XV et de la Pompadour, Voltaire s’en est fait l’écho : « Il y a 3 mois ce n’était qu’un voleur, c’est à présent un conquérant ».

Le vain­queur de la grande bataille de Fontenoy, Maurice de Saxe, aurait dit : « c’est un chef comme Mandrin qu’il nous fau­drait, avec un bon­homme pareil au sommet , la cour aurait tremblé et le bon peuple jubilé ! »

Mandrin connu pour ses capa­cités de stratège se voit confier, après son évasion savamment orchestrée lors de sa pseudo exé­cution à Valence, une mission secrète. Cette mission le mènera au-delà des fron­tières et des mers. Il ne ren­trera jamais en France, ayant fait souche en Angleterre où il per­fec­tionna l’outil qui porte son nom.

Cette hypo­thèse pour nova­trice qu’elle soit, s’appuie sur des faits tan­gibles dont le nombre s’accroit à mesure que les recherches his­to­riques se poursuivent.